Des officiers et des hommes politiques escaladent des meubles pour assister à la signature du traité de Versailles au lendemain de la Première Guerre mondiale, le 28 juin 1919.

Des officiers et des hommes politiques escaladent des meubles pour assister à la signature du traité de Versailles au lendemain de la Première Guerre mondiale, le 28 juin 1919.

Le 28 juin 1919, le traité de paix mettant fin à la Première Guerre mondiale fut signé par l’Allemagne et les Alliés au château de Versailles, près de Paris.

Les intérêts alliés étaient représentés par les « Trois Grands » : le Premier ministre britannique David Lloyd George, le président du Conseil français Georges Clemenceau et le président américain Woodrow Wilson.

La Grande Guerre avait dévasté l’Europe. De vastes régions du nord-ouest de l’Europe étaient devenues des paysages lunaires ; des villages et des villes françaises et belges avaient disparu sans laisser de traces. Le conflit avait décimé la population masculine européenne.

Les pertes des deux camps furent d’une ampleur presque inimaginable. La France déplora plus de 1,4 million de morts et plus de 4 millions de blessés. Au total, 8,5 millions d’hommes périrent.

Aux termes du traité, l’Allemagne fut privée de 13 % de son territoire et de 10 % de sa population ; les territoires frontaliers d’Alsace et de Lorraine furent restitués à la France.

L’Allemagne a perdu toutes ses colonies, 75 % de ses gisements de minerai de fer et 26 % de ses réserves de charbon et de potasse.

L’armée de terre et la marine furent drastiquement réduites, et la création d’une force aérienne et de sous-marins fut interdite. Les Allemands durent également reconnaître officiellement leur « culpabilité de guerre » et verser des réparations.

Le récit de Sir James Headlam-Morley sur la signature : Il y eut très peu de cérémonie et de dignité. Les plénipotentiaires entrèrent tous avec la foule, l’air de rien…

Une fois tout le monde assis, les délégués allemands furent amenés ; ils passèrent près de moi ; ils ressemblaient à des prisonniers qu’on amenait pour entendre leur sentence…

Les Allemands signèrent les premiers, suivis de tous les autres délégués… Une fois la signature terminée, la séance fut levée et les Allemands furent de nouveau escortés hors de la séance comme des prisonniers ayant reçu leur sentence.

Personne ne s’est levé ni n’y a prêté attention, et rien ne laissait présager qu’un changement d’attitude s’amorcerait après la signature de la paix. Rétrospectivement, l’impression générale me paraît, d’un point de vue politique, désastreuse…

En réalité, il ne s’agissait pas simplement de faire la paix avec l’Allemagne, mais de signer le Pacte de la Société des Nations ; or, personne ne semblait y penser… La note nécessaire de réconciliation, d’espoir, de changement de perspective, faisait totalement défaut.

La confrontation de ces objectifs parfois contradictoires entre les vainqueurs a abouti à un compromis qui n’a satisfait personne : l’Allemagne n’a été ni pacifiée ni conciliée, et n’a pas été durablement affaiblie.

Les problèmes découlant du traité allaient conduire aux traités de Locarno, qui améliorèrent les relations entre l’Allemagne et les autres puissances européennes, et à la renégociation du système de réparations, aboutissant au plan Dawes, au plan Young et au report sine die des réparations lors de la conférence de Lausanne de 1932.

(Crédit photo : Wikimedia Commons).